La gymnastique adaptée, pour rester en mouvement

November 4, 2026

A bientôt 97 ans, Françoise ne manque presque jamais son cours de gymnastique à Morges. Elle le suit depuis une trentaine d’années et y tient tellement qu’elle a même contribué à sa relance lorsqu’il avait été interrompu. Son témoignage montre combien une activité physique adaptée peut faire la différence.

Tout a commencé à la fin des années 90, lorsque Françoise rejoint les cours de gymnastique pour personnes malentendantes donnés par Anne-Marie Collin, qui les anime encore aujourd’hui. Un jour, l’organisation qui à l’époque proposait ces cours, décide d’y mettre fin. Françoise et d’autres habituées ont alors essayé la gymnastique classique. Sans succès. Dans une salle réunissant une vingtaine de personnes et sans attention portée aux problématiques de la malentendance, impossible de bénéficier de l’attention et de l’accompagnement nécessaires.

Pas question pour autant de renoncer. Françoise et ses camarades se sont mobilisées pour faire revivre ces cours et leurs efforts ont porté leurs fruits: en 2014, FoRom écoute, devenue depuis la Fondation Audition Suisse, a repris le flambeau. Depuis, Françoise continue de retrouver chaque semaine le plaisir de bouger dans un cadre adapté à ses besoins.

Une attention qui fait toute la différence

Ce que Françoise apprécie particulièrement, c’est l’expertise de l’enseignante, qui sait tenir compte des besoins spécifiques de chacune et chacun. «Anne-Marie voit tout de suite ce qu’on peut faire ou non et adapte les exercices en conséquence. On a presque l’impression de bénéficier d’un cours privé! Elle accorde aussi beaucoup d’importance à l’équilibre et à la coordination des mouvements, deux aspects particulièrement sensibles chez nous, les malentendants.»

Pour faciliter la compréhension des consignes, les participantes et participants utilisent généralement un système de microphones. Chacun·e dispose de son propre micro, fixé au col de l’enseignante, qui transmet sa voix directement dans les appareils auditifs.

Autre aspect qui plaît beaucoup à Françoise: la variété des exercices. D’une semaine à l’autre, les activités changent et permettent de travailler différents aspects de la condition physique.

Le plaisir de bouger ensemble

Faire quelques exercices chez soi, Françoise y pense, notamment pendant les périodes de vacances, lorsqu’il n’y a pas de cours. Mais entre l’intention et la pratique, il y a parfois un pas difficile à franchir. Le rendez-vous hebdomadaire aide justement à garder le rythme. «Certains matins, on se sent fatiguée et on serait tentée de rester chez soi. Mais comme on est inscrite, on y va quand même. Et après, on se sent mieux, on est contente d’y être allée!»

Et puis, il y a le plaisir de retrouver les autres. Après tant d’années, les liens sont solides. Les membres du groupe se connaissent bien, se retrouvent aussi à d’autres occasions et apprécient cette camaraderie qui prolonge le cours bien au-delà de l’heure de gymnastique.

Un soutien précieux pour continuer

«Je suis très reconnaissante à la fondation de nous permettre de suivre ce cours», confie Françoise. La Fondation Audition Suisse prend en effet en charge une très grande partie des coûts, ne laissant qu’une contribution modeste aux participantes et participants.

Pour elle et ses camarades, ce soutien permet de préserver une activité qui contribue à leur mobilité et à leur santé, mais aussi à leur vie sociale. Et après une trentaine d’années de fidélité, Françoise n’a manifestement aucune intention de raccrocher ses chaussures de gym.

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Photo de couverture de Junseong Lee sur Unsplash

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